Football

L’Euro de football s’est achevé par la victoire (attendue) des « Ibères » qui ont écrasé les « Transalpins » (Copyright Jean-Michel Larqué). Les Français se sont surtout distingués (une fois de plus) par l’indigence de leurs performances et l’état d’esprit toxique de certains joueurs. On peut en revanche leur décerner la palme de la tenue la plus élégante. Leur manufacturier a plutôt réussi cet ensemble vintage, inspiré des tenues des années 20 à 50. L’occasion de revisiter brièvement la petite histoire du chiffon footballistique.

L’équipe londonienne de Crystal Palace, ici en 1892. Chemise en guise de maillot, flottant en forme de bermuda, et casquette de collégien pour la photo. Très chic.

L’équipe du Stade Français, en 1909. Sûrement à la sortie d’un match, vu l’aspect débraillé de certains. A noter que la ceinture pouvait être un accessoire de la tenue à l’époque.

On sait que beaucoup de footballeurs sont soucieux de leur mise, voire coquets. Comme Varela, vedette du Penarol de Montevideo (rappelons que l’Uruguay fut le vainqueur de la première coupe du monde de football), ici en 1938, et son béret basque.

Toujours en Amérique du Sud, j’aime beaucoup la mise des « Profesores » d’Estudiantes de la Plata (Argentine), ici en 1931 :

Plus que celle, 10 ans plus tard, de leurs collègues de la fameuse « Maquina » du River Plate de Buenos Aires, dont les shorts sont assez ridicules :

Les années 50 voient l’émergence d’une certaine tendance baggy, qui est loin d’être déplaisante. Comme sur cette photo prise lors de la finale de la coupe d’Angleterre en 1953 :

Durant la même décennie, j’ai une préférence pour une certaine sobriété à la française. Ici Joseph Ujlaki, le fameux joueur du Racing de Paris :

Ou Just Fontaine, du Stade de Reims, et son maillot à lacets :

Les années 60 et le début des années 70 sont mes favorites dans ce domaine. Pour les tenues des joueurs de football ce sont, paradoxalement, des années de grande sobriété. Maillot très simples, souvent sans écusson, assez cintré, cols ronds, et shorts raccourcis sans ridicule.

Brian Labone, d’Everton :

Johan Cruyff, Ajax Amsterdam :

Publicités

Jaroslav Drobny (1921-2001)

S’il est un champion de tennis dont la vie et la carrière méritent quelques instants d’attention, c’est bien Jaroslav Drobny.

Né à Prague et mort près de Londres, il aura eu en tout cinq nationalités, et a été tour à tour tchécoslovaque, allemand, suisse, égyptien et britannique. Ayant gagné ses trois tournois du grand chelem pendant sa période égyptienne, il est le seul Egyptien dans l’histoire du tennis à avoir remporté de tels tournois.

La deuxième guerre mondiale l’a privé, entre 18 et 24 ans, de quelques-unes de ses meilleures années de sportif. C’est donc assez tardivement qu’il a remporté ses plus grands titres de tennis. Entre 1946 et 1950, il perd 4 finales de grand chelem (trois à Roland-Garros et une à Wimbledon), et finit par vaincre à Roland-Garros en 1951 puis une seconde fois l’année suivante.

Le sacre à Wimbledon a été encore plus tardif : après deux finales perdues en 1949 et 1952, il finit là aussi par l’emporter en 1954 contre Ken Rosewall, 18 ans, lequel restera d’ailleurs dans l’histoire du tennis comme le plus grand joueur à ne pas avoir remporté Wimbledon.

Il terminera sa carrière en 1963 après avoir remporté 139 tournois en simple, ce qui le place en 4ème position au nombre de tournois gagnés, derrière Rod Laver, Jimmy Connors et Ivan Lendl.

Victime d’un accident à l’oeil lors d’un match de hockey sur glace, il devait porter pendant les matchs des lunettes à verre fumé, ce qui était assez pénalisant. En effet, et c’est plus particulièrement ce qui fait de Drobny un phénomène à part dans le tennis, c’est qu’il a été aussi un grand joueur de hockey sur glace, champion du monde avec la Tchécoslovaquie en 1947, et médaille d’argent aux Jeux Olympiques de 1948. Il compte 31 sélections et a inscrit 36 buts.

Il a été intronisé au Hall of Fame du tennis en 1983, et à celui du hockey sur glace en 1997.

Tennis

A observer les dégaines de la grande majorité des joueurs de tennis depuis, disons, les années 90, on se prend, une fois de plus, à regretter un temps que l’on n’a pas connu où tennis rimait à la fois avec fair-play et élégance vestimentaire.

Bien sûr, le blanc est resté la couleur du tennis jusqu’aux années 70, du moins sur le court. Et jusqu’à la seconde guerre mondiale, le pantalon était de rigueur pour les pratiquants masculins.

Jacques Brugnon, dit Toto, le 4ème mousquetaire, celui qui n’a jamais gagné de grand tournoi en simple, mais qui était le partenaire de double indispensable des trois autres, ici en 1921 à côté de Suzanne Lenglen, elle-même superbe :

Ou William Tilden, dit Big Bill, le plus coriace adversaire des mousquetaires dans les années 20 :

Le goût pour les beaux vêtements pouvait se manifester aussi avant et après le match. A l’instar de Max Decugis, plusieurs fois vainqueur des Internationaux de France au début du 20ème siècle, en veste gansée :

ou de Gottfried von Cramm, le grand champion allemand et antinazi des années 30, en rowing jacket :

Et en-dehors du court. Ici les mousquetaires réunis. J’aime particulièrement le chic décontracté de Jacques Brugnon encore, à droite sur la photo (une pipe à la main !) :

Après la seconde guerre mondiale, si le blanc reste obligatoire, le short remplace le pantalon. D’ailleurs, jusqu’au début des années 70, la tenue ne varie pratiquement pas, polo (ou parfois tee shirt) et short blancs. L’arrivée de tenues de couleur variées (sauf à Wimbledon) voire bariolées dans les années 70 va sonner le début de la décadence que l’on connaît désormais.

Lew Hoad, au milieu des années 50 :

Rod Laver, à la fin des années 60 :

Mais finalement, est-ce que le plus important n’est pas plutôt l’élégance du jeu ?

Arthur Ashe :

Ken Rosewall :

Adriano Panatta :

Roger Federer :

Wolfgang von Trips (1928-1961)

Né Wolfgang Alexander Albert Eduard Maximilian Reichsgraf Berghe von Trips, d’origine aristocratique comme son nom ne l’indique pas (il était le comte Berghe von Trips), Wolfgang von Trips débute la course automobile en 1954, et dispute le championnat du monde des voitures de sport. Il intègre le championnat de Formule 1 en 1957, au sein de Ferrari, écurie pour laquelle il fera l’essentiel de sa carrière dans cette compétition. En tête du championnat lors de son accident, il aurait pu devenir le premier Allemand champion du monde. Un accrochage avec Jim Clark à Monza le 10 septembre 1961 en décidera autrement. Il sera vice-champion du monde à titre posthume. Il a participé à 27 courses et remporté 2 victoires.

Avec Stirling Moss

Avec Phil Hill