Dashiell Hammett (1894-1961)

Poursuivons dans les moustachus élégants du siècle dernier. Hammett, c’est le fondateur de la hard-boiled school, en français le « roman noir ». Ecriture sèche, réduite à l’essentiel, des morts en veux-tu en voilà, le tout dans une atmosphère de grande corruption qu’il contribue à dénoncer à travers ses oeuvres. Son détective Sam Spade est la référence du genre avec Philip Marlowe, de Chandler. Le cinéma, à travers Humphrey Bogart, l’a mythifié. Six romans, des nouvelles, persécuté pendant le maccarthysme pour sympathies communistes, ce qui était vrai, alcoolique.

Costume croisé, pochette avantageuse, fedora : la panoplie de l’homme élégant des années 20-30.

« Sam Spade avait la mâchoire inférieure lourde et osseuse. Son menton saillait, en V, sous le V mobile de la bouche. Ses narines se relevaient en un autre V plus petit. Seuls, ses yeux gris jaune coupaient le visage d’une ligne horizontale. Le motif en V reparaissait avec les sourcils épais, partant de deux rides jumelles à la racine du nez aquilin et les cheveux châtain très pâle, en pointe sur le front dégarni, découvrant les tempes. Il avait quelque chose d’un sympathique Méphisto blond. »

Le Faucon Maltais (1930)