Knize

Les amateurs de ce que, faute de mieux, on peut appeler l’élégance masculine, trouvent à Vienne, comme à Londres, de quoi alimenter leur marotte. Avec à Vienne un caractère d’authenticité quand Londres, grand carrefour mondialisant, fait un peu dans le frelaté parfois.

Tout visiteur de Vienne passe forcément, à un moment ou à un autre, par le Graben, charmante avenue piétonne du centre-ville.

Mais tous ne s’arrêtent pas forcément devant Knize, ancienne et digne maison célébrée pour sa contribution à cette fameuse élégance.

Façade et certains intérieurs façonnés par le grand architecte Adolf Loos.

Typiquement le genre de lieu où on aime passer du temps, regarder, toucher, humer l’atmosphère.

Knize est en particulier appréciée pour sa grande mesure. La ligne Knize, ce sont des épaules plutôt naturelles, des emmanchures hautes, une taille point trop marquée. A rapprocher d’Anderson & Sheppard à Londres.

Beaucoup de grands de ce monde ont eu leurs habitudes chez Knize. Selon le blogueur Sleevehead, le réalisateur Billy Wilder (Some like it hot, entre autres films magistraux), d’origine autrichienne, en était (ci-dessous à droite, avec Jack Lemmon).

De même que le producteur de cinéma anglais d’origine hongroise, Alexander Korda.

Célébrée aussi est l’eau de toilette Knize Ten, créée dans les années 20, à base de cuir et d’ambre.

S’il vous reste un peu d’argent après cette visite -que vous n’aurez pas manqué de rendre à cette auguste maison- prenez une des petites rues adjacentes et aller vous détendre au Café Hawelka, café historique où on jurerait pouvoir croiser le fantôme de Joseph Roth.

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Anthony Eden (1897-1977)

Troisième et (temporairement) dernier volet de notre saga sur les moustachus élégants du siècle dernier, Anthony Eden, grand diplomate, plusieurs fois ministre des affaires étrangères, Premier Ministre de la couronne de 1955 à 1957, est un cas d’école de ce chic anglais assez intrinsèque à ceux qui, sur cette île (métaphoriquement) lointaine, sont nés du bon côté. Ce qui était le cas d’Anthony Eden, fils d’un baronnet du comté de Durham.

D’une grande élégance morale (c’est le général de Gaulle qui l’a dit), il était aussi naturellement, en qualité d’éminent représentant des gentlemen anglais, vestimentairement avantagé, sa silhouette élancée facilitant encore les choses. C’est ainsi qu’en raison de son habitude de porter un homburg (le plus raffiné des chapeaux), on en est venu à baptiser ce dernier un « Anthony Eden ».

Notons au passage la superbe coupe de son chesterfield.

Client du tailleur Stovel and Mason, il était avant tout un adepte du costume croisé, comme la plupart des hommes « qui comptaient » à son époque.

Il pouvait aussi porter le costume droit, en 3 pièces évidemment, et avec peak lapel, ce qui est considéré comme plus stylé.

Bref, un certain chic, de l’allure. Mais aussi, sur certaines photos, une certaine raideur, un côté un peu crispé, à l’opposé de l’élégance nonchalante de son aristocratique contemporain, et idole des blogs et forums consacrés au style masculin, le duc de Windsor.

Qu’on en juge sur un croisé :

ou en casual :

Vienne, ville de bottiers

Vienne n’est pas que la capitale de l’escalope, du café à la crème et du combo gros favoris – grosses moustaches à la François-Joseph. Cette ville raffinée à l’atmosphère placide entretient une vraie tradition bottière, ce qui en fait un lieu des plus intéressants à visiter pour un calcéophile.

Rudolf Scheer

Materna

Balint

Maftei